J-peu.

...Et peut-être aussi que j'ai un peu peur. Aussi...




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J-peu.
# Posté le jeudi 19 juin 2008 14:32

Lettre à un rêve.

Lettre à un rêve.
Peut-être pas entièrement satisfaite de ce texte. Voir pas du tout, malgré qu'il me tienne énormément à c½ur. Mais, soyez indulgents, je viens de m'y remettre, hein x)
Doucement, mais je l'espère sûrement.
Désolée pour le Grand Blanc, je n'ai rien pu faire.

***

En mémoire d'un certain jour perdu, de l'été d'une année oubliée.





« Parce que je me suis toujours dit que te regarder dans les yeux était comme affronter la Mer. »


Rien n'a voulu jouer en ma faveur, il m'a bien fallut l'avouer. Ou peut-être que rien n'a pu. Qu'importe à présent, puisque je suis entrée désormais dans cet instant crucial, cet instant que je m'étais si souvent imaginé, et que j'avais tant redouté.
Tu sais, il s'affiche aujourd'hui à mes yeux comme le simple aboutissement d'un chemin qui était aussi inévitable que terriblement douloureux.
Pourtant, là, avec mes pieds enfoncés à des kilomètres imaginaires sous le sable et mes paumes serrant les coquillages étoilés qui parsèment le paysage d'ici, j'aurais bien hurlé à qui veut l'entendre que je souhaite fort l'immobilité de ce temps si salop.
Parce qu'après toi, avoir mal ne doit pas être si terrible, dans le fond.

Imagine bien que j'ai tenté en vain d'avaler toutes ces vagues sans me noyer, en prenant soin de laisser fondre l'écume dans ma bouche, juste ici, sous le fond de ma langue acide. Pour rien évidemment, mais pour un rien quand même, hein ?
Et il m'a semblé retrouver en cette eau le gout de tes lèvres pourtant intouchées, d'apparence si pures.
Ce morceau de toi qui m'a été à jamais refusé de caresser.
Tu vois, avec ton sourire fatal et ta peau d'enfant je t'aurais volontiers mis sous verre ; la jalousie est certes un défaut mais c'est avec toi la seule chose que j'ai. Car si je ne peux pas te laisser prisonnier dans mon âme, alors personne ne le pourra.
Parce qu'être libre comme l'air n'est probablement pas éternel.

Puis mes pupilles se sont risquées à s'élever haut dans le ciel, ignorant presque la Lune moqueuse pour balayer tout ce bleu-noir du regard le plus rapidement possible.
Je ne sais pas ce que j'ai, à encore espérer qu'elles tombent sur ce que l'on appelait autrefois Nulle Part. Tu te souviens ? Ce lieu qui était notre refuge, notre sanctuaire de perdition, si connu et pourtant jamais une seule fois parcouru.
J'essais de me rappeler, tu vois, comment nous faisions pour respirer, avant. Comment nous faisions pour rêver, et surtout pour y croire, encore et toujours plus fort.
Comment se faire à l'idée que toutes ces nuits où ma fenêtre restait ouverte n'ont finalement contribué qu'à me mener à ma plus grande perte ?
Peut-être que c'était ça, notre meilleur mensonge ; penser qu'on s'aimerait un jour pour de vrai.
Moi je ne sais ce qu'est l'amour, aucune parcelle de mon corps ne l'a jamais frôlé. Alors oui, ce devait être facile de m'y faire mordre, à ce sentiment artificiel que tu avais entièrement et tellement bien façonné.

Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux, comme on dit.

Je suis assise devant cette vaste étendue, la dévisageant comme jamais je n'aurais osé le faire avec toi, et je souris.
La situation n'est pas amusante, non, rien ne l'a d'ailleurs jamais été. Mais repenser à toute cette histoire enfantine me donne l'impression d'apercevoir l'aura scintillante qui dessinait tes contours danser fougueusement avec l'horizon comme tu as pu le faire tant de fois avec moi. Moi et mon paquet de sentiments inventés.

Mais oui, on y croyait.

Comme cet endroit, toi et ton Nulle Part me laisseront à jamais ce souvenir salé de mystère et d'incompréhension, d'amour aux couleurs trop roses, d'attentes au but invisible et complètement inexistant.
C'est vrai, te regarder est comme affronter la mer, avec peut-être un peu moins de vent, mais j'en suis loin d'être certaine.

Et toujours, je sombrerai dans le fond de vos yeux.





[Quelqu'un devrait-il s'y reconnaitre? Ou pas.]
# Posté le lundi 28 avril 2008 07:59
Modifié le lundi 28 avril 2008 08:10

Billet pour le Paradis.

Billet pour le Paradis.
Lorsque rêver prend tout son sens..













[Vous savez ce que signifie Ensemble ?]
# Posté le lundi 31 mars 2008 13:12

Devoirs de français n°5. Sans titre.

Devoirs de français n°5. Sans titre.
Suite d'un texte romantique datant du XIXème.



***

Et alors les petites choses satisfaisant mes rêveries semblaient bien insuffisantes pour combler le vide qui me rongeait et effacer le goût âpre que tout cela me laissait sur la langue. Ce goût de Rien.
L'admettre était plus que de rigueur à présent.
Attendre ce vent de la mort était d'une sagesse incontestable. Néanmoins la patience a beau être l'une des plus magnifiques vertus, elle n'est accessible qu'à ceux ayant la persévérance de l'attendre.
« Tuer le temps pour tuer le temps, marche jeune homme avide de lointain, marche et retourne la terre afin de trouver un sens qui comblerait enfin ce manque sans nom t'emprisonnant l'âme d'une cage argentée».
Mes multiples errances immuables en de multiples lieux semblèrent alors vouloir se transformer en une unique quête infinie.
Et j'aurai pu creuser des décennies durant jusqu'aux abîmes de ma pensé pour tenter de deviner, en vain, jusqu'où mes pieds brûlaient ardemment -d'un désir sans retenue- de m'emmener. Ce chemin se traçant de futur était l'½uvre de mon être, une gravure si incompréhensible, si impénétrable, ce réel désir ancré tellement profondément qui se révélait à travers cette recherche de l'intouchable, de l'inimaginable puisque ce rêve était immatériel et le serait peut-être à tout jamais.

« Les rêves n'aboutissent que pour ceux qui y croient. »

Et l'idée que cette transgression des conseils du ciel soit le dénouement, la solution semblant si complexe de mon mal-être m'effleura durement l'esprit, laissant une marque assez profonde pour attiser cette hypothèse un peu plus.

L'horizon semblait s'éloigner à mesure que j'avançais et je percevais dès à présent ce rêve, encore trop illusoire, mais ce rêve, ce but qui était celui d'atteindre, qui sait, le soleil, une étoile, un astre quelconque, un ciel resté inaccessible à d'autres peut-être, mais surtout la clé ouvrant les portes de mon c½ur –la plus grande énigme de ma vie- laissant se déverser un flot d'émotions n'ayant jamais vu la lumière auparavant.

La campagne se faisait à mes yeux une immense embarcation aux voiles couleur nuage, à la coque forestière et au pont parsemé si et là de quelques feuilles ambrées de sourires illustres que je parvenais presque à imaginer.
Je sentais le souffle de la mort tant attendu gonfler mes voiles, et l'espoir qu'une étendue demeurant encore floue donne un sens à mon incompréhension intérieure rendait son rythme irréel et effréné aux pulsations de mon amour grandissant pour la Liberté.

Les merveilles de simplicité environnantes n'en étaient que plus belles, observées du haut de mon navire, rejeton des arbres fruitiers les plus immenses de mon imagination.
Une brindille verte dansant à l'ombre d'un cerisier, un oiseau frôlant mes cheveux de ses plumes flamboyantes, une vague subtilement enroulée sur elle-même faisant onduler mon océan de mousse et c'était tout un monde qui se créait entre deux soupirs de satisfaction.
Et c'étaient mes propres ailes que je sentais déchirant mon dos par leur naissance.

Mes tempêtes d'automne, mes neiges gelées d'hivers, mes soleils cuisants d'été, mes fleurs odorantes de printemps et tout autre élément toujours plus splendide l'un que l'autre, étaient en moi désormais, me surélevant au plus haut, me rendant plus léger que n'importe quelle chose.

« Ouvre les yeux »

Finalement tout était là ; le passé à mes trousses devancé par ma plus belle invention, l'avenir m'ouvrant route et s'offrant à mes mains sur un plateau scintillant, et la vie. Juste la vie qui débutait enfin, ici.



***
# Posté le jeudi 13 mars 2008 13:53
Modifié le samedi 15 mars 2008 11:09

Untitled [ For the moment...]

Untitled [ For the moment...]
Nouvelle fic, nouvelle aventure. Née d'une fusion de deux laissées en suspens.
Longue je l'espère, et bien mieux que toutes celles que j'ai pu écrire jusqu'à présent.
Souhaitez moi bonne chance.


***


UN

Lycée, Jour Premier.

Elle n'a jamais fait comme les autres, de toutes façons. Tout le monde le sait. Tout notre monde le savait. Nous.
Alors elle est arrivée en cours d'année, pas le premier jour, non. Ça n'aurait servit à rien, puisque la flamme de l'émerveillement n'aurait pas animé ses yeux comme ceux des autres, et puis, juste, par principe.
Elle a traversé la cours, la foule, les inconnus, les inintéressants, ces multiples vies sans but errants sur le bitume devant le portail bleu délavé.
Personne n'a eu besoin de lui frayer un chemin, puisque ces « encore innocents » se sont écartés sur son passage. Ils la dévisageaient, je les voyait, moi qui était discrètement caché dans son ombre si majestueuse. C'est vrai, qu'elle avait l'allure d'une reine, c'en était une d'ailleurs, si l'on regardait bien la lumière invisible au-dessus de sa tête.
Je les entendais murmurer des suppositions mal fondées, j'apercevais leurs yeux effarés, leur c½ur me sautaient même aux yeux avec leur flamme d'un amour déjà naissant, d'une dépendance déjà plus que grave.

« Regarde... »
« Oui, je vois, je vois. »
« C'est une Ni... »
« Oui, c'en est une. »
«... »
« Elle est belle. »
« 'Tain. »


Une Nichtott'. Oui. Ne prononcez pas ce mot devant elle, elle n'a pas besoin de ça pour se détruire plus. Le nuage des souvenirs doit garder son appartenance au passé, c'est bien assez dur pour tous de l'enterrer au plus profond de nos viscères.
Je n'aurais même pas du avoir cette pensée, puisque déjà des larmes coulaient le long de ses joues.
Les liens sont magnifiques, dommage que la peine se ressente autant dans les deux êtres.

Elle s'avançait, et en volant presque, jusqu'au passage de la porte.
Je crois qu'elle n'eut même pas besoin de remplir ce tas d'arbres morts séchés pour rentrer dans cette grande communauté mortuaire qu'est le Lycée. Trop impressionnés, trop submergés par sa présence, trop peureux dirai-je sans hésiter, ils n'ont pipé mot de tout le temps où elle fut dans les bureaux.
Pièces closes, sans lumière.

-*-

Lycée, Jours suivants.

Je ne sais plus depuis combien de temps nous étions ici, depuis trop longtemps évidemment, puisque nous n'avions pas notre place, et que nous ne l'aurions jamais. Ce ne sont pas les tentatives d'intègrement qui ont manquées, bien au contraire. Pourtant j'avais osé espérer que le maquillage si noir, si intense et profond de ses yeux en aurait dissuader quelques uns. Ça n'a marché qu'un temps.
Sa beauté fut supérieure à toute autre chose, la magie qui émanait de chaque parcelle de sa peau fut encore pire.
J'en ai vu défiler tellement, des ingrats dégueulasses d'orgueil, des aveugles puant de mensonges, qui, tous, pensaient être assez purs pour recevoir quoique ce soit d'elle.
Méprisant envers ces ignorants, oui, je le suis et l'ai toujours été.
C'est sûrement pour ça, qu'ils se sont enfin aperçus de la chose un beau jour, ces simples humains.

Personne ne m'avait encore remarqué, en ceci rien d'étonnant, puisque vivre sous sa silhouette était comme ne pas exister aux regard des autres. Je ne suis pas malheureux, non, que cette pitié ne traverse même pas votre esprit. Des centaines crèveraient pour être moi, comme je suis elle.
Je crois que c'est la jalousie qui les a réveillé. Puisque j'étais toujours à ses côtés, puisque j'étais le seul à qui elle adressait un sourire, puisque j'étais le seule qu'elle frôlait de sa main, qu'elle regardait avec tendresse, avec ce sentiment accroché à ses lèvres qu'on aurait pu appeler amour.

L'envie les a même fait passer sur l'énorme détail que j'avais ses yeux, en moins voyant.
S'attarder sur mon rachitisme, sur mes cheveux blonds paille et mon visage de lépreuchaun, de hobbit ou de n'importe quelle créature de n'importe quelle contrée était bien plus simple.
Ma satisfaction de les voir se poser autant de question sur « le pourquoi du comment elle pouvait » dépassait sans doute leur débilité.

« T'es qui toi ? »
« Une personne que tu viens de remarquer. »
« Et ton nom ? »
« Qu'est-ce que tu en as à faire honnêtement ? »
« J'te le demande »
« Et tu le connais, le sien ? »
« Non, justement. »
« Et bien demande-le lui au lieu de passer par moi alors que tu n'en as aucune envie. »

Tout de suite, son ton était plus doux, mielleux, cristallin presque. Une musique fausse et mal jouée à mes oreilles.

« Quel est ton nom, belle jeune fille ? »
« Ravale moi ton air de dragueur puéril, je suis bien plus âgée que toi. Bien trop âgée d'ailleurs. Et lui, il s'appelle Yam. »
« Oui, mais toi, ton nom à toi, parce que ce n'est pas lui qui est magnifique. »
« Idiot. Mon nom est le sien, il est moi et nous sommes nous. Cherche un peu et regarde surtout, regardez pour une fois. »

Ne te mets pas en colère May, ma May, je suis la partie qui s'en charge. Ne t'abîmes pas, je t'aime bien trop pour ça.


[...]
# Posté le lundi 21 janvier 2008 15:47